Combien produit une installation de 3, 6 ou 9 kWc ? Les chiffres, commune par commune

Un devis annonce un nombre de kWh. Pour savoir s'il tient, ramenez-le au kWh par kWc : c'est la seule grandeur qui se compare d'une toiture à l'autre.

Mis à jour le 30 août 2026 · 6 min de lecture

Le kWh par kWc, et rien d'autre

Un devis de 3 kWc et un devis de 9 kWc n'annoncent pas les mêmes kWh, et pourtant la question posée est la même : cette toiture-là, à cette adresse-là, peut-elle délivrer ce chiffre ? Divisez donc la production annoncée par la puissance installée. Le résultat — des kWh par kWc et par an — ne dépend plus que du lieu, de l'orientation, de l'inclinaison et des pertes de l'installation.

C'est cette valeur que nous avons calculée pour chaque commune française, à partir des données d'irradiation de la Commission européenne, et que nous publions sur rapportorbital.com/communes. Une page par commune, avec le détail mois par mois.

Ce que produisent 3, 6 et 9 kWc en France

Pour une toiture plein sud inclinée à 35°, avec le budget de pertes standard de 14 %, la médiane des communes de métropole s'établit à 1 140 kWh par kWc et par an. Huit communes sur dix se situent entre 1 070 et 1 280 kWh par kWc.

  • 3 kWc : 3 430 kWh par an à la médiane, et de 3 200 à 3 830 kWh pour huit communes sur dix.
  • 6 kWc : 6 870 kWh à la médiane, de 6 400 à 7 650 kWh.
  • 9 kWc : 10 300 kWh à la médiane, de 9 600 à 11 480 kWh.

Ces fourchettes sont larges parce que la France l'est. Elles ne remplacent pas le chiffre de votre commune : au sein d'un même département, entre un fond de vallée et un plateau, l'écart dépasse souvent celui qui sépare deux régions.

Du Nord aux Bouches-du-Rhône : 43 %

En médiane départementale, toujours plein sud à 35°, les Bouches-du-Rhône atteignent 1 500 kWh par kWc, le Vaucluse 1 480, le Var 1 460. À l'autre bout, les Ardennes plafonnent à 1 040 kWh par kWc, le Nord à 1 050, le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime à 1 070. Soit 43 % de production en plus dans les Bouches-du-Rhône que dans les Ardennes, à installation strictement identique.

Les extrêmes ne sont pas des chefs-lieux. La commune la mieux exposée du fichier est Enveitg, dans les Pyrénées-Orientales, à 1 550 kWh par kWc — altitude et ciel sec. La plus mal exposée est Mieussy, en Haute-Savoie, à 650 kWh par kWc : une vallée encaissée dont les montagnes masquent le soleil une partie de la journée. Entre les deux, un facteur 2,4.

Ce qui déplace votre chiffre dans la fourchette

  • L'orientation. Une toiture plein est perd environ 20 % par rapport au plein sud, une toiture plein nord environ 47 %. C'est le premier facteur, et de loin.
  • L'inclinaison. Nos chiffres retiennent 35°, la pente courante d'une toiture française. Entre 20° et 45°, l'effet reste modeste pour une exposition sud ; il devient sensible en dehors.
  • L'ombre. Nos valeurs intègrent l'horizon du relief, tel que PVGIS le calcule à partir du modèle de terrain. Elles n'intègrent ni cheminée, ni arbre, ni immeuble voisin : ces ombres-là se déduisent en plus.
  • Les pertes. 14 % couvrent l'onduleur, le câblage, la dispersion entre panneaux, la température et l'encrassement. C'est la valeur par défaut de PVGIS pour une installation qui fonctionne normalement.

Lire le chiffre d'un devis avec cette grille

Placer la promesse du devis face à la production d'une installation normale à votre adresse donne quatre situations. C'est la grille de lecture que nous appliquons dans la vérification, et elle sépare ce qui se discute de ce qui ne se discute pas.

  1. Jusqu'à 5 % au-dessus : cohérent. La variabilité d'une année à l'autre suffit à expliquer l'écart.
  2. De 5 à 15 % au-dessus : optimiste. Le chiffre est défendable sur le papier, rarement tenu dans les faits.
  3. Au-delà de 15 % : surévalué. La promesse suppose une installation nettement meilleure que la moyenne, sans que rien ne le justifie.
  4. Au-dessus du plafond physique — la production maximale de la toiture, calculée avec 8 % de pertes seulement, matériel haut de gamme et panneaux neufs : impossible. Aucun matériel ne rattrape ce chiffre-là.

Le quatrième cas est le seul qui ne laisse aucune prise à la discussion : la promesse dépassait ce que le soleil dépose sur cette toiture, le jour où elle a été écrite. Les trois premiers appellent d'autres éléments au dossier.

Questions fréquentes

Mon installateur annonce 1 300 kWh par kWc. C'est possible ?
Cela dépend entièrement de l'endroit. Dans les Bouches-du-Rhône, c'est en dessous de la médiane départementale (1 500). Dans les Ardennes, où la médiane est à 1 040, c'est 25 % au-dessus de ce qu'une installation normale produit — donc à faire justifier par écrit, orientation et inclinaison à l'appui.
Pourquoi vos chiffres sont-ils inférieurs à ceux de mon devis ?
Deux causes possibles. Soit le devis retient une orientation ou une inclinaison plus favorables que votre toiture réelle. Soit il applique un budget de pertes plus faible que 14 %, ce qui suppose du matériel neuf et haut de gamme, sans encrassement ni vieillissement. Demandez les hypothèses de calcul : elles doivent figurer sur l'étude.
6 kWc produisent-ils exactement le double de 3 kWc ?
À orientation et inclinaison identiques, oui, à peu de chose près : la production est proportionnelle à la puissance installée. En pratique, une installation plus grande occupe davantage de toiture et finit souvent sur deux pans d'orientations différentes, ce qui abaisse la moyenne.
Où trouver le chiffre de ma commune plutôt que la médiane nationale ?
Sur rapportorbital.com/communes, une page par commune : production annuelle pour 3 kWc, répartition mensuelle, et l'effet de chaque orientation. Les 34 966 communes couvertes y figurent.

Textes de référence

    Ces guides décrivent le cadre général et ne constituent pas un avis juridique. Rapport Orbital restitue des données publiques ; l'interprétation de votre situation revient à un professionnel du droit.