Production photovoltaïque trop faible : météo, matériel ou promesse ?
Votre onduleur affiche 2 100 kWh, le devis disait 3 800. Avant toute démarche, il faut savoir lequel des trois a menti : le ciel, le matériel ou le vendeur.
Mis à jour le 22 août 2026 · 6 min de lecture
Question 1 — Était-ce une mauvaise année ?
La production solaire varie d'une année à l'autre, en général de 5 à 10 % autour de la moyenne. Une année particulièrement couverte peut expliquer un écart de cet ordre — pas davantage. Si votre production est 40 % en dessous de la promesse, la météo n'en est pas la cause principale.
Pour le vérifier, comparez votre production réelle non pas au devis, mais à ce qu'une installation normale produit à votre adresse, avec votre orientation. C'est une valeur publique. Si votre production en est proche, l'installation fonctionne ; c'est la promesse qui était fausse.
Question 2 — Le matériel fait-il son travail ?
Si votre production est nettement en dessous de ce qu'une installation normale devrait donner à votre adresse, le problème est technique. Les causes habituelles :
- Un onduleur sous-dimensionné ou défaillant — il écrête la production aux heures de pointe. Les relevés montrent un plateau plat en milieu de journée.
- Un ombrage non pris en compte — cheminée, arbre, bâtiment voisin. Les relevés montrent une chute à heure fixe.
- Un câblage ou des connecteurs défectueux — pertes constantes, souvent visibles dès la mise en service.
- Une puissance installée inférieure à celle facturée — il arrive que le nombre ou la puissance des panneaux posés ne corresponde pas au bon de commande. Comptez-les.
Ces défauts relèvent de la garantie de conformité et de la responsabilité de l'installateur, qui doit y remédier. Ils se constatent par un diagnostic sur site, réalisé par un professionnel indépendant.
Question 3 — La promesse était-elle tenable ?
C'est la question que l'on oublie, et c'est souvent la bonne. Si votre installation produit à peu près ce qu'une installation normale produit à votre adresse, elle n'a rien. Le chiffre du devis, lui, était irréaliste — ou impossible.
Il y a une différence entre les deux. Une promesse optimiste, disons 15 % au-dessus du normal, est discutable. Une promesse au-dessus du maximum physique de la toiture — ce que le soleil peut au mieux y déposer — ne l'est pas : elle était fausse le jour de la signature, quel que soit le matériel.
Lire vos relevés de production
La plupart des onduleurs ou des portails fabricants donnent une production mensuelle. Trois signatures à repérer :
- Une courbe annuelle normale mais trop basse partout → la promesse était surévaluée, ou la puissance installée n'est pas celle facturée.
- Un plateau plat aux heures de pointe en été → onduleur sous-dimensionné.
- Une chute brutale à la même heure chaque jour → ombrage.
Selon la réponse, la démarche n'est pas la même
- Mauvaise année : aucune démarche, vérifiez à nouveau l'an prochain.
- Défaut technique : mise en demeure à l'installateur au titre de la garantie ; diagnostic indépendant si besoin ; action en réparation ou en résolution.
- Promesse impossible : c'est un vice du consentement. La voie est la nullité du contrat pour dol, qui entraîne celle du crédit affecté.
Questions fréquentes
- Quel écart est « normal » entre le devis et la production réelle ?
- Un écart de 5 à 10 % s'explique par la variabilité annuelle ou par des hypothèses un peu optimistes. Au-delà de 20 %, il faut chercher une cause : défaut technique ou promesse irréaliste. Au-delà du maximum physique de la toiture, la promesse était impossible.
- Comment savoir ce que mon installation « devrait » produire ?
- À partir des données publiques d'irradiation de la Commission européenne (PVGIS), pour votre adresse, votre orientation et votre inclinaison. Nous publions cette valeur pour chaque commune, et la calculons précisément pour votre toiture dans la vérification gratuite.
- L'installateur dit que mes panneaux sont sales.
- L'encrassement coûte en général quelques pour cent, rarement plus de 5 à 8 % en France, et la pluie nettoie l'essentiel. Il n'explique pas un écart de 30 ou 40 %. Si c'est l'argument avancé, demandez que la production soit comparée à une référence objective.
Textes de référence
- Code de la consommation, art. L217-3 et suivants — Garantie légale de conformité.
- Code civil, art. 1231-1 — Responsabilité contractuelle de l'installateur en cas d'inexécution.
- Code civil, art. 1137 — Dol, lorsque la promesse était fausse au moment de la signature.
Ces guides décrivent le cadre général et ne constituent pas un avis juridique. Rapport Orbital restitue des données publiques ; l'interprétation de votre situation revient à un professionnel du droit.