Pompe à chaleur : la facture est plus élevée que promis. Lire le COP du devis, et prouver l'écart
Le devis disait COP 4,5 et 70 % d'économies. Le premier hiver, la facture d'électricité a doublé. Avant d'accuser la machine, il faut savoir ce que le chiffre du devis mesurait — et ce qu'il ne mesurait pas.
Mis à jour le 25 août 2026 · 7 min de lecture
Pourquoi le rendement chute quand il fait froid
Une pompe à chaleur déplace de la chaleur de l'air extérieur vers l'eau du chauffage. Plus l'écart entre les deux est grand, plus cela coûte d'électricité : c'est la relation de Carnot, et aucune marque n'y échappe. Deux choses creusent l'écart : le froid dehors (une nuit à −5 °C coûte deux fois plus qu'une journée à +7 °C) et la chaleur de l'eau (des radiateurs anciens à 55–60 °C contre un plancher à 35 °C). S'y ajoute le dégivrage : entre −3 et +5 °C, l'évaporateur givre et la machine dépense de l'énergie pour le dégeler.
Un devis honnête aurait dû dire lequel de ces cas est le vôtre. La plupart se contentent du chiffre du catalogue — parfois présenté en « rendement de 450 % » ou en « 4,5 kWh restitués pour 1 kWh consommé », ce qui est le même chiffre, au même point de mesure.
Les trois causes possibles, dans l'ordre où les examiner
- La promesse. Le COP annoncé est-il seulement atteignable sur une saison à votre adresse, avec vos émetteurs ? C'est un calcul, pas une opinion : le climat de l'adresse est public, la physique est connue. Si le rendement saisonnier attendu est de 2,6 et que le devis promettait 4,5, la facture est 70 % plus élevée que promis *avant même* de regarder la machine.
- Le climat de l'année. Un hiver plus froid que la normale augmente le besoin *et* baisse le rendement. Il se mesure : degrés-jours de la saison contre la normale. Rarement plus de 10 à 15 % d'écart — pas de quoi doubler une facture.
- L'installation. Si votre consommation relevée dépasse encore ce que le climat de l'année explique, l'écart vient de la pose ou de la machine : sous-dimensionnement (l'appoint électrique tourne), loi d'eau mal réglée (eau trop chaude en permanence), ballon tampon absent, cycles courts, fuite de fluide. C'est le travail d'un professionnel sur place — muni des chiffres des deux premiers points.
« 70 % d'économies » : refaire le calcul
L'économie annoncée découle du COP retenu et de l'énergie remplacée. Face à des radiateurs électriques, un rendement de 3,3 donne bien 70 % d'économies ; un rendement réel de 2,4 en donne 58 %. Face au gaz ou au fioul, dont le kWh coûte deux à trois fois moins que l'électricité, la même machine peut ne faire économiser que 20 à 40 % — voire rien, avec des radiateurs à haute température dans une maison mal isolée. Le calcul se refait avec votre ancienne consommation : c'est ce que fait la vérification gratuite.
Quels recours, avec quelles pièces
- Le devis et l'étude : la promesse écrite, avec son COP, ses économies annoncées, éventuellement un « bilan thermique ». C'est la pièce centrale — un chiffre invraisemblable à l'adresse, écrit noir sur blanc, pèse lourd.
- Vos relevés : le compteur ou sous-compteur de la pompe à chaleur, les factures d'électricité avant/après, l'ancienne consommation de fioul ou de gaz.
- Un calcul daté et sourcé du rendement saisonnier attendu à votre adresse, à joindre à la réclamation — puis, si l'écart ne s'explique pas par la promesse, le contrôle d'un professionnel sur l'installation.
- La démarche : réclamation écrite à l'installateur, puis médiateur de la consommation, puis conseil. Si le contrat a été signé à domicile ou après démarchage, le guide sur le démarchage à domicile détaille les protections spécifiques.
Questions fréquentes
- Mon devis indique un SCOP, pas un COP. Est-ce plus fiable ?
- Plus honnête, oui : le SCOP moyenne une saison. Mais c'est une saison de référence (le climat « moyen » de la norme, proche de Strasbourg) avec une température d'eau de laboratoire (35 ou 55 °C). Si vous êtes en montagne avec des radiateurs anciens, votre saison réelle reste en dessous. Le rapport compare le chiffre annoncé, quel qu'il soit, au rendement saisonnier calculé à votre adresse.
- Comment savoir si l'appoint électrique fonctionne trop ?
- Sur la plupart des régulations, un compteur d'heures de la résistance d'appoint est accessible dans les menus ou l'application. Quelques dizaines d'heures par hiver sont normales par grand froid ; plusieurs centaines signalent une machine sous-dimensionnée ou mal réglée. Notez le chiffre, daté.
- Le vendeur dit que c'est normal la première année. Vrai ?
- Un réglage de la loi d'eau peut prendre quelques semaines ; il n'explique pas une saison entière. Une pompe à chaleur correctement posée atteint son rendement dès le premier hiver. Demandez par écrit quel réglage a été modifié et quel résultat il devait produire.
- Puis-je faire vérifier l'installation sans passer par l'installateur ?
- Oui : un autre professionnel qualifié (QualiPAC) peut établir un compte rendu de contrôle — dimensionnement, réglages, fluide. Venez-y avec les chiffres : le rendement attendu à votre adresse et votre consommation relevée, pour qu'il sache quel écart il doit expliquer.
Textes de référence
- Code de la consommation, art. L111-1 — L'obligation d'information précontractuelle sur les caractéristiques essentielles du bien ou du service.
- Code de la consommation, art. L121-2 et suivants — Les pratiques commerciales trompeuses, notamment sur les résultats attendus d'un bien ou d'une prestation.
- Code civil, art. 1130 et 1137 — Le dol : le consentement vicié par des manœuvres ou une dissimulation intentionnelle.
Ces guides décrivent le cadre général et ne constituent pas un avis juridique. Rapport Orbital restitue des données publiques ; l'interprétation de votre situation revient à un professionnel du droit.