Tarif de rachat photovoltaïque 2026 : ce qui a changé le 4 juin, et ce que ça fait à votre étude
Le tarif auquel EDF rachète votre surplus est le chiffre que les vendeurs citent le plus et expliquent le moins. En juin 2026, il a été divisé par presque quatre. Voici où l'on en est.
Mis à jour le 23 août 2026 · 5 min de lecture
Le régime en vigueur
Pour une installation résidentielle en autoconsommation avec vente du surplus (jusqu'à 9 kWc), l'arrêté du 4 juin 2026 a fixé trois choses pour toute nouvelle demande de raccordement :
- Le surplus est racheté 1,1 centime d'euro HT par kWh, indexé de 2 % par an, pendant vingt ans.
- La prime à l'autoconsommation est supprimée. Elle était de 80 € par kWc au premier trimestre 2026.
- Les révisions trimestrielles de la CRE prennent fin. Le tarif ne bouge plus chaque trimestre.
Les installations de 9 kWc ou moins ne sont plus éligibles qu'en autoconsommation avec vente du surplus — la vente en totalité n'est plus ouverte à cette tranche.
Ce que cela représente concrètement
Une installation de 3 kWc qui injecte 2 500 kWh par an sur le réseau touchait environ 100 € au tarif de 4 centimes du début 2026. Au nouveau tarif, elle touche environ 27 €. Sur vingt ans, indexation comprise, l'écart dépasse 1 500 €.
Dit autrement : la revente n'est plus un revenu, c'est une formalité. La rentabilité d'une installation résidentielle repose désormais entièrement sur ce que vous consommez vous-même au lieu de l'acheter.
Qui est concerné par l'ancien tarif
Le tarif applicable est celui en vigueur à la date de la demande complète de raccordement, et il est garanti vingt ans. Une installation dont la demande a été déposée avant le 5 juin 2026 conserve son tarif et sa prime. Vérifiez dans votre contrat d'achat : le tarif y figure en toutes lettres, et c'est lui qui compte — pas ce que le vendeur a dit.
Ce que cela fait aux promesses d'avant
Toute étude de rentabilité antérieure à juin 2026 qui reposait sur la prime et sur un tarif de 4 centimes ou plus décrit un monde qui n'existe plus. Pour une installation relevant du nouveau régime, les promesses d'« autofinancement » ou de « revente qui paie le crédit » sont devenues fausses par construction, indépendamment de toute autre hypothèse.
Et pour les installations anciennes, le nouveau tarif sert de point de comparaison utile : si un vendeur vous avait annoncé 10 ou 15 centimes par kWh de revente, ce chiffre n'a jamais correspondu à aucun régime applicable aux petites installations depuis des années.
Questions fréquentes
- Vaut-il encore la peine d'installer des panneaux ?
- Cela dépend entièrement de votre consommation en journée. Si vous consommez 40 % ou plus de votre production — télétravail, véhicule électrique, batterie, pilotage du chauffe-eau — une installation bien achetée reste pertinente. Si vous comptiez sur la revente, non.
- Pourquoi le tarif a-t-il autant baissé ?
- Le coût du photovoltaïque a chuté, le volume d'installations a explosé, et le surplus injecté en milieu de journée arrive au moment où le réseau en a le moins besoin. Les pouvoirs publics ont choisi de ne plus subventionner l'injection et de favoriser l'autoconsommation.
- Mon vendeur m'a promis un tarif de rachat bien plus élevé. Que faire ?
- Comparez le chiffre promis au tarif inscrit dans votre contrat d'achat. Un écart important, surtout s'il a déterminé votre signature, est un élément de dol ou de pratique commerciale trompeuse. Conservez la trace écrite de la promesse et rapprochez-vous d'une association de consommateurs.
Textes de référence
- Arrêté du 4 juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 (S21) — Surplus à 1,1 c€/kWh HT, indexation 2 %/an, suppression de la prime, fin des révisions trimestrielles.
- Arrêté du 6 octobre 2021 (S21) — Régime antérieur : tarifs et primes révisés trimestriellement par la CRE.
- Code de l'énergie, art. L314-1 et suivants — Obligation d'achat de l'électricité photovoltaïque.
Ces guides décrivent le cadre général et ne constituent pas un avis juridique. Rapport Orbital restitue des données publiques ; l'interprétation de votre situation revient à un professionnel du droit.